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	<title>Blues Attic &#187; années 60</title>
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		<title>Louisiana red</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 17:54:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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<p>Au début des années 60, cet homme là s’est proposé d’installer des Soul brothers au Sénat américain, de nommer Bo Diddley au gouvernement, passer un shampoing à Fidel Castro et botter les fesses de Kroutchev pour qu’il vire ses fusées de la Baie des Cochons. Tout ça histoire de remettre le monde dans le bon ordre. En pleine guerre froide et en se faisant appeler Louisiana « Le Rouge », il y avait de quoi déconcerter son monde. Mais Louisiana en avait vu d’autre. Et il n’avait d’ailleurs pas fini.</p>
<p>Son blues intense, souvent sombre, s’est nourri des épreuves d’une vie qui ne l’a pas épargné. Red fait partie de ces interprètes à l’expression totale, jamais aussi bien servis que par eux-mêmes tant leur rapport à leur musique est personnel. Entré dans le blues par la voie ténébreuse d’une enfance chaotique, Louisiana Red demeure un des derniers tenants d’une lignée tourmentée, proche des origines et encore habitée des douleurs originelles.</p>
<p>Il faudra beaucoup de temps au public pour prendre conscience de la force presque brutale de sa musique. Des identités multiples et un séjour longue durée en Europe n’ont pas facilité les choses. Du coup, il apparaît aujourd’hui pour beaucoup comme une révélation tardive, un auteur dont l’œuvre émerge sur le tard et dont l’histoire révèle enfin toute la profondeur.</p>
<p>Le blues de Red appartient à l’école des conteurs, celle des John Lee Hooker et des Lightnin’ Hopkins. Des improvisateurs intenses qui vous troussent d’un rien, avec trois quatre images et un gros paquet d’émotion, de drôles de petites histoires à vous donner le frisson. Des gars au pouvoir d’évocation déjà incrusté dans la voix, capables de vous embarquer dans leurs rêves comme dans leurs cauchemars, de remonter aux rives du Mississippi pour vous débarquer, tout penseur, à la sortie de leurs blues habités.</p>
<p>Sa vie n’a jamais été simple. Orphelin précoce, adolescent difficile et perpétuel déraciné, c’est un homme cruellement marqué par la vie, mais ne renonçant jamais, qui finira par obtenir sa chance après des décennies de galères. Autant dire que lorsqu’il attaque son blues, il est difficile de ne pas resté pétrifié par le poids de son jeu.</p>
<p>Côté guitare, Louisiana Red n’est pas un expansif. Chez lui le manche n’est pas un terrain de jeu et les cordes restent amarrées au plus près de mélodies moins progressistes que les idées que l’homme véhicule. A la slide, qu’il violente comme un Elmore James sous pression, où en fingerpicking, Red est un classique. Au fil du temps il a intégré à son jeu des couleurs plus modernes mais dépassant rarement les faubourgs d’après guerre. Ce qui fait de lui, aujourd’hui, le vétéran disposant de la palette downhome la plus complète du circuit, depuis les brouillards bleus de Charley Patton jusqu’aux premiers arcs électriques de Detroit ou de Chicago.</p>
<p>Pour cela, Louisiana Red n’a pas eu à ressortir d’anciennes amours ni à réapprendre des vieux trucs abandonnés à la naphtaline. Quand la mode est revenue au phrasé rude et aux productions dépouillées, il était tout simplement là, comme une évidence et prêt à l’emploi, tel que toujours et enfin en phase avec l’air du temps. Pour la première fois dans sa vie, c’est la soixantaine bien tassée, qu’il s’est enfin trouvé à peu près au bon endroit au bon moment.</p>
<p>On ne compte plus ses albums tant son parcours fut compliqué. Mais pendant quarante ans, il a régulièrement déposé de belles pierres sur le bord de son chemin. Du « Lowdown Back Porch Blues » de 1963 au « Back To The Black Bayou » de 2009, en passant par ce « Blues For Ida B » qui lui valut en 1983 un tardif début de reconnaissance dans son pays, l’œuvre singulière de Louisiana Red constitue un trésor qui vaut d’être recherché.</p>
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		<title>Taj Mahal</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 12:04:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[africa blues]]></category>
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Taj Mahal<br />
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<p>Est-ce un effet de sa jeune vocation agronome ? Voilà en tous cas un enfant de New York qui décide, dans la retombée des années 60, de rebrousser d’un coup un chemin qu’il avait à peine emprunté afin de s’attaquer directement aux racines. Henry Saint Clair Fredericks, dit Taj Mahal, s’en est ainsi allé, à l’envers de toute une génération, sur la route de ses origines, balançant son médiator pour mieux attaquer la corde au pouce et mettre, sur des guitares vieillies au blues, des musiques archaïques rattrapées dans la mémoire du monde. C’est tout dire que de rappeler qu’à peu près au même moment un Chess aux abois concoctait l’album psychédélique de Muddy Waters !</p>
<p>Après le coup de rétroviseur down home de ses premiers 33 tours (« Taj Mahal » &#8211; 1967, « The Natch’l Blues » &#8211; 1968), c’est la tête en Afrique mais les doigts toujours trempés dans le blues, et jusque loin dans des terres anciennes, que Taj Mahal va ensuite aller puiser les essences de sa musique.</p>
<p>Depuis, l’homme échafaude son patchwork de sonorités multi continentales et délibérément joyeuses. Il concocte des mélanges sucrés salés avec une conscience terrienne qui a fait de lui le premier troubadour du village mondial. Bien avant que la world music ne devienne un genre, il en a tracé l’esprit acoustique, à coups d’instruments insolites et de mélanges inédits.<br />
C’est sans se soucier des modes que Taj Mahal a construit, sur quarante ans et autant d’albums bigarrés, un copieux répertoire, nourri de lumières passées et truffé de recoins oubliés. Son inspiration a d’abord longé les rivages du Mississippi (rythmes du Delta, folks ruraux, accents zydeco, gospel et jazz martial) pour aller ensuite courir les océans, le long d’une vibration blues dont il a débusqué partout des échos bariolés. Le résultat, joué dans des bric à brac de timbres finement assemblés, compile savoureusement polyrythmies ancestrales (« Kulanjan »,1999), pulsations afro américaines (« Senor Blues », 1997) et jusqu’à des parfums calypso (« Hanapepe dream »,2003) et quelques brises hawaïennes (« Sacred Island », 1998).<br />
Taj Mahal, conscience planétaire en bandoulièr<br />
e et diplôme d’ethnomusicologue en poche, n’est pas pour autant un bluesman suffisant. Sa musique n’est jamais austère. Ce grand animateur de scène fait danser ses auditoires avec une palette haute en couleurs, agitant ses ethno blues communicatifs (« An Evening Of Acoustic Music », 1996) aussi bien que les grooves irrésistibles des rhythm &amp; blues les plus glamour (« The Real Thing », 1972).</p>
<p>Les puristes hésitent parfois devant la musique métissée du griot américain. Des suspicions d’opportunisme, de conscience de circonstance, voire d’application académique ont pu être prononcées. Il faut dire que l’homme peut dérouter. Explorateur versatile aux oreilles grandes ouvertes, musicien capable de manipuler plus de vingt instruments dont certains de facture plutôt étrange, il lui arrive de concevoir des objets musicaux aussi étonnants qu’une mélodie de Mississippi John Hurt retissée par les vingt et une cordes d’une kora gambienne, un standard pop découpé par un banjo joué façon marteau indien des Appalaches, ou encore un hit de Fats Domino transformé en cocktail louisianais par l’addition, finalement évidente, d’un accordéon zydeco, d’un piano bar néo orléanais et de quelques de cuivres dixieland.</p>
<p>Le génie de Mahal est de faire sonner l’ancien comme du neuf. Il dynamise de vieux airs – ou de nouveaux qu’il assemble &#8211; en retaillant leur habillage d’origine pour mieux les propulser d’une voix dense, dynamique, délicieusement râpeuse, et si parfaitement relâchée qu’elle imprime en toutes circonstances un swing contagieux.</p>
<p>Car, s’il excelle à la guitare dans une belle variété de finger-pickings, et s’il sait faire frissonner les nuques au souffle bleu de son harmonica, la grande force de Taj Mahal réside dans cette voix imprégnée de soul qui unifie tous les contrastes, véhiculant avec la même couleur d’âme le drive emballé de quelque funk rural, l’écoulement tranquille d’un chant nomade ou les accents profonds de world blues saisissants.</p>
<p>Artiste honoré, ethnomusicologue reconnu, conscience respectée d’un africanisme unificateur, le « Maestro » tient une place bien à part dans l’univers musical contemporain. Son parcours a inspiré une lignée nouvelle de revitaliseurs un peu bohèmes qui ont, à partir des années 90, entrepris à leur tour d’explorer les univers anciens ou parallèles de la musique afro américaine. Les Corry Harris, Guy Davis , Keb’Mo, Alvin Youngblood Hart, toute une école acoustique et engagée, attachée à faire entendre la tradition et pour laquelle Taj Mahal a fait figure de prophète.</p>
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