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	<title>Blues Attic &#187; Taj Mahal</title>
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		<title>Taj Mahal &#8211; &#171;&#160;The Natch’l Blues&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 18:24:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>jean claude legros</dc:creator>
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Natch'l Blues" class="shutterset_singlepic119" >
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</a>
Taj Mahal<br />
Natch'l Blues</div>
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<p>Enregistrement : mai à octobre 1968 &#8211; Parution : 23 décembre 1968 &#8211; Label : Columbia &#8211; Personnel : Taj Mahal (chant, guitare, harmonica), Jesse Edwin Davis (guitare, piano), Gary Gilmore (basse), Chuck Blackwell, Earl Palmer (batterie), Al Kooper (piano).</p>
<p>On est en 1968. Si Taj Mahal n’a pas décroché pour partir vivre d’élevage dans un coin du Massachussetts, son premier album a déjà amorcé, quelques mois plus tôt, un joyeux saut régressif dans l’histoire de la musique américaine. Une collection de vieilleries encadrant quelques blues nouveaux mais patinés, le tout joué à l’ancienne, parfois même au rabot, avec comme seul luxe un son à régaler les générations post Teppaz.</p>
<p>Contre toute attente, l’objet est passé aperçu. C’est donc un Taj Mahal conforté dans ses intentions qui s’installe au printemps dans les studios de Columbia. Il a de l’enthousiasme et des idées. Ca tombe bien. Car même si l’époque n’est pas encore au chacun chez soi, il faut quand même réussir à tenir ensemble une suite de titres qui visitent vingt bonnes années de musique afro américaine.</p>
<p>« The Natch’l Blues » fait le tour de l’horizon bleu, avec une fraîcheur de ton qui tourne à nouveau le dos aux saturations lourdes du moment. Pourtant, s’il fait toujours vibrer le résonateur de sa National Steel de quelques sonorités country blues radicales, Taj Mahal reste cette fois à portée des airs du temps. Il faut dire qu’on le trouve, à plusieurs reprises, accompagné par un combo dûment électrifié, au sein duquel le trop méconnu Jesse Edwin Davis et le déjà célèbre Al Kooper font preuve d’une modernité parfaitement comprise.</p>
<p>Le résultat est un patchwork aux couleurs chaudes, un album plein de contrastes mais d’une grande unité. Un happy blues extraverti, aux vertus doucement euphorisantes et dont le charme, au fil des écoutes, ne semble jamais devoir s’estomper.</p>
<p>C’est avec une relaxe très jazzy que &laquo;&nbsp;Good Morning Miss Brown&nbsp;&raquo; dépose son swing tranquille sur un fond de blues naturel. La National de Taj Mahal prend la tête d’un accompagnement bien organisé autour de la basse très en relief de Gary Gilmore et du piano en discret contrepoint d’Al Kooper.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Taj Mahal</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 12:04:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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<a href="http://www.blues-attic.com/wp-content/gallery/peintures/taj-mahal-1.jpg" title="Taj Mahal&lt;br /&gt;
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	<img class="ngg-singlepic" src="http://www.blues-attic.com/wp-content/gallery/cache/29__370x_taj-mahal-1.jpg" alt="Taj Mahal" title="Taj Mahal" />
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Taj Mahal<br />
huile-toile, 41x33</div>
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<p>Est-ce un effet de sa jeune vocation agronome ? Voilà en tous cas un enfant de New York qui décide, dans la retombée des années 60, de rebrousser d’un coup un chemin qu’il avait à peine emprunté afin de s’attaquer directement aux racines. Henry Saint Clair Fredericks, dit Taj Mahal, s’en est ainsi allé, à l’envers de toute une génération, sur la route de ses origines, balançant son médiator pour mieux attaquer la corde au pouce et mettre, sur des guitares vieillies au blues, des musiques archaïques rattrapées dans la mémoire du monde. C’est tout dire que de rappeler qu’à peu près au même moment un Chess aux abois concoctait l’album psychédélique de Muddy Waters !</p>
<p>Après le coup de rétroviseur down home de ses premiers 33 tours (« Taj Mahal » &#8211; 1967, « The Natch’l Blues » &#8211; 1968), c’est la tête en Afrique mais les doigts toujours trempés dans le blues, et jusque loin dans des terres anciennes, que Taj Mahal va ensuite aller puiser les essences de sa musique.</p>
<p>Depuis, l’homme échafaude son patchwork de sonorités multi continentales et délibérément joyeuses. Il concocte des mélanges sucrés salés avec une conscience terrienne qui a fait de lui le premier troubadour du village mondial. Bien avant que la world music ne devienne un genre, il en a tracé l’esprit acoustique, à coups d’instruments insolites et de mélanges inédits.<br />
C’est sans se soucier des modes que Taj Mahal a construit, sur quarante ans et autant d’albums bigarrés, un copieux répertoire, nourri de lumières passées et truffé de recoins oubliés. Son inspiration a d’abord longé les rivages du Mississippi (rythmes du Delta, folks ruraux, accents zydeco, gospel et jazz martial) pour aller ensuite courir les océans, le long d’une vibration blues dont il a débusqué partout des échos bariolés. Le résultat, joué dans des bric à brac de timbres finement assemblés, compile savoureusement polyrythmies ancestrales (« Kulanjan »,1999), pulsations afro américaines (« Senor Blues », 1997) et jusqu’à des parfums calypso (« Hanapepe dream »,2003) et quelques brises hawaïennes (« Sacred Island », 1998).<br />
Taj Mahal, conscience planétaire en bandoulièr<br />
e et diplôme d’ethnomusicologue en poche, n’est pas pour autant un bluesman suffisant. Sa musique n’est jamais austère. Ce grand animateur de scène fait danser ses auditoires avec une palette haute en couleurs, agitant ses ethno blues communicatifs (« An Evening Of Acoustic Music », 1996) aussi bien que les grooves irrésistibles des rhythm &amp; blues les plus glamour (« The Real Thing », 1972).</p>
<p>Les puristes hésitent parfois devant la musique métissée du griot américain. Des suspicions d’opportunisme, de conscience de circonstance, voire d’application académique ont pu être prononcées. Il faut dire que l’homme peut dérouter. Explorateur versatile aux oreilles grandes ouvertes, musicien capable de manipuler plus de vingt instruments dont certains de facture plutôt étrange, il lui arrive de concevoir des objets musicaux aussi étonnants qu’une mélodie de Mississippi John Hurt retissée par les vingt et une cordes d’une kora gambienne, un standard pop découpé par un banjo joué façon marteau indien des Appalaches, ou encore un hit de Fats Domino transformé en cocktail louisianais par l’addition, finalement évidente, d’un accordéon zydeco, d’un piano bar néo orléanais et de quelques de cuivres dixieland.</p>
<p>Le génie de Mahal est de faire sonner l’ancien comme du neuf. Il dynamise de vieux airs – ou de nouveaux qu’il assemble &#8211; en retaillant leur habillage d’origine pour mieux les propulser d’une voix dense, dynamique, délicieusement râpeuse, et si parfaitement relâchée qu’elle imprime en toutes circonstances un swing contagieux.</p>
<p>Car, s’il excelle à la guitare dans une belle variété de finger-pickings, et s’il sait faire frissonner les nuques au souffle bleu de son harmonica, la grande force de Taj Mahal réside dans cette voix imprégnée de soul qui unifie tous les contrastes, véhiculant avec la même couleur d’âme le drive emballé de quelque funk rural, l’écoulement tranquille d’un chant nomade ou les accents profonds de world blues saisissants.</p>
<p>Artiste honoré, ethnomusicologue reconnu, conscience respectée d’un africanisme unificateur, le « Maestro » tient une place bien à part dans l’univers musical contemporain. Son parcours a inspiré une lignée nouvelle de revitaliseurs un peu bohèmes qui ont, à partir des années 90, entrepris à leur tour d’explorer les univers anciens ou parallèles de la musique afro américaine. Les Corry Harris, Guy Davis , Keb’Mo, Alvin Youngblood Hart, toute une école acoustique et engagée, attachée à faire entendre la tradition et pour laquelle Taj Mahal a fait figure de prophète.</p>
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