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	<title>Blues Attic &#187; boogie</title>
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		<title>Houng Dog Taylor &#8211; &#171;&#160;And The HouseRockers&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 18:19:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>jean claude legros</dc:creator>
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and the houserockers" class="shutterset_singlepic90" >
	<img class="ngg-singlepic" src="http://www.blues-attic.com/wp-content/gallery/cache/90__370x_hound_dog_taylor-hd__the_houserockers.jpg" alt="hound_dog_taylor-hd__the_houserockers" title="hound_dog_taylor-hd__the_houserockers" />
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Hound Dog Taylor<br />
and the houserockers</div>
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<p>Enregistrement : 1971 &#8211; Parution : printemps 1971 &#8211; Label : Alligator &#8211; Personnel : Hound Dog taylor (chant, guitare), Brewer Phillips (guitare), Ted Harvey (batterie)</p>
<p>Jeune, il n’a pas fréquenté les chorales pentecôtistes. Il est même probable qu’il n’ait jamais trop traîné autour des églises. Hound Dog Taylor n’était pas du genre à se poser trop de questions, ni sur les choses en général, ni sur le sens de son art en particulier. Il a pris son plaisir sur place, sans demander son reste. C’est sans doute le secret de sa musique qui, selon certains bégueules, c’est sûr, bafoue les bonnes manières. Et même n’en serait pas tout à fait une. Enfin, à s’en tenir à des critères couramment admis. Ici, c’est la mise sous tension qui compte, la façon dont l’onde va pénétrer les corps. Tout le reste est secondaire. Taylor a peaufiné, à l’instinct et à longueur de nuits, dans les bars louches de Chicago, une balistique qui lui est toute particulière, un cocktail de fréquences et d’harmoniques destiné à donner le maximum d’impact à son blues. Dans ces conditions, il n’a pas besoin de grand chose pour concocter ses boogies explosifs. Un simple bout de gamme blues et du matériel japonais de série font amplement l’affaire. A la fin des années 60, quand tout le monde en rajoute en matière d’ornements, lui entame un trip régressif et se plonge avec délectation dans un boucan joyeusement porté à ébullition, propre à faire gondoler les aiguilles des consoles. Pas étonnant donc qu’un jeune blanc débarqué de sa campagne, et tombant un soir où il s’encanaillait dans les quartiers chauds de Chicago, sur Hound Dog ricanant au milieu de gerbes de slide écrabouillée, ait alors reçu le choc de sa vie. Cet album en est la conséquence directe. Car le jeune homme en question, Bruce Iglauer, encore simple étudiant à l’époque, n’a plus qu’une idée en tête : faire enregistrer un disque à ce phénomène. Embauché quelques mois plus tard chez Delmark mais faute d’arriver à convaincre son employeur de signer le Dog, Iglauer décide de créer un label juste pour produire ce disque. Il vient d’hériter 2500 $ de sa grand-mère. Alligator Records est né.</p>
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		<title>Seasick Steve</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 17:50:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Série Noire]]></category>
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		<description><![CDATA[cliquez sur l&#8217;image pour l&#8217;agrandir ! Il parait presque trop hobo pour être vrai. Et Pourtant. Ce sexagénaire en salopette, qui balance un boogie rouillé sur une guitare à trois cordes, ravit la jeunesse et met les experts en porte &#8230; <a href="http://www.blues-attic.com/seasick-steve/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
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<p>Il parait presque trop hobo pour être vrai. Et Pourtant. Ce sexagénaire en salopette, qui balance un boogie rouillé sur une guitare à trois cordes, ravit la jeunesse et met les experts en porte à faux, est bien un ancien trimardeur passé par la belle étoile. Pas étonnant donc qu’il raconte comme personne, sur ses riffs aguicheurs, de drôles d’histoires vagabondes, des embrouilles de la rue, des choses un peu étranges vues de l’extérieur. Il n’est même pas nécessaire de tout croire de ce personnage romanesque, conteur malicieux et showman magnétique, pour succomber au charme décalé de Seasick Steve.</p>
<p>Son père jouait du piano boogie-woogie et Pee Wee Crayton travaillait dans le garage que tenait son grand-père sur la côte californienne. Des repères qui vont marquer le jeune Steve (Wold de son vrai nom) qui renonce au piano paternel et apprend la guitare avec K.C Douglas &#8211; le fils spirituel de Tommy Johnson tout de même &#8211; alors qu’il n’a encore que huit ans. A treize, et ses parents divorcés, il s’enfuit du domicile de sa mère et surtout des pattes du type un peu trop violent qui vit avec elle. Un choix qui met l’adolescent sur la route. Pendant des années il sillonne le Mississippi et ses environs en sautant d’un train de marchandises à l’autre pour aller bosser, au noir, dans des fermes isolées, des chantiers temporaires où sur quelque fête foraine.</p>
<p>Au début des sixties, Steve commence à chanter dans les rues. De retour sur la West Coast, il débarque à Haight Ashbury dans un San Francisco envahi par les hippies. Il croise Janis Joplin et Joni Mitchell et se retrouve à fricoter parmi les musiciens, tâtant petit à petit du côté de la technique où il se fait la main lors de quelques sessions studio. A l’occasion, il croise aussi des géants du blues : Son House, Lightnin’ Hopkins et Freddy King.</p>
<p>En 1972, à trente berges et avec cent dix dollars de côté, il se paye un charter pour Paris qui lui en laisse dix en poche quand il débarque à Roissy. Une bonne âme le dépose à Saint-Germain. A partir du lendemain, et chaque matin, on le retrouve à chanter dans le métro, pour gagner sa pitance quotidienne. La nuit, il dort dans les jardins publics où quelque chambre de passe.</p>
<p>Puis Steve revient dans le Tennessee et abandonne le vagabondage comme mode de vie permanent. Trop dangereux. On est en 1973 et les vingt ans qui suivent ne changent pas radicalement son quotidien, fait de coups de main pour des prises de son et de piges comme musicien d’appoint. Dans les années 80, il traverse à nouveau l’océan et on le retrouve cette fois en Angleterre, à Londres puis dans le Lancashire, avec Elisabeth qu’il a épousée en 1982. A son retour, il commence à récupérer un peu de matériel d’enregistrement avec l’idée de monter un petit studio.</p>
<p>C’est ce qu’il va faire au début de la décennie suivante, alors que la famille s’est installée à Olympia, près de Seattle, à la recherche d’un peu de fraîcheur pour sa femme norvégienne. En pleine émergence du rock grunge, Steve Wold côtoie Kurt Cobain, qui vit à l’étage du dessus. Il travaille avec des groupes de rock alternatif comme Bikini Kill et Modest Mouse dont il produit en 1996 l’album « This Is A Long Drive Fo Someone With Nothing To Think About ». Chez lui, il continue de jouer sa propre musique, sans penser un instant qu’elle puisse intéresser quiconque.</p>
<p>A cette époque, il fréquente R.L Burnside. Ce dernier, encore inconnu en dehors d’Holly Springs, reçoit souvent la visite d’un jeune gars, Jon Spencer, figure de proue naissante d’un garage rock revival. Pour Burnside, Spencer est un gamin sympa mais qui ne sait pas jouer le blues. « Tais-toi », lui dit Steve, « il va te faire sortir de ce trou ». C’est ce qui arrivera. En attendant les deux anciens – Wold a déjà plus de cinquante ans et RL pas loin de soixante dix – grattent de temps en temps devant des jeunes fans de rock qui arrondissent les yeux devant leurs bottlenecks, déclarent détester le blues mais adorer ce qu’ils font.</p>
<p>En 2001, Steve rejoint la Norvège et installe la famille à Notodden, près des origines d’Elisabeth. Ils vont vivre là quelques années. C’est lors d’une virée entre les côtes norvégienne et danoise, sur un de ces ferries détaxés bondés de clients en quête d’alcool pas cher, que Steve est victime d’un « mal de mer » carabiné qui lui vaut au retour son drôle de surnom. Pas très emballé mais finalement obligé de faire avec, le voilà désormais devenu « Seasick Steve ».</p>
<p>A maintenant soixante ans, Steve veut, au moins une fois dans sa vie, figurer sur un disque. C’est ce qu’il fait en 2003, avec les Level Devils, une rythmique suédoise composée de Jo Husmo (contrebasse) et Kai Kristoffersen (batterie). L’album, intitulé « Cheap», paraît en 2004. Des blues sans apprêts qui semblent arrivés trop tard et sonner trop rugueux pour attirer l’attention, mais tapent dans l’oreille de quelques britanniques qui vont garder Steve à l’œil.</p>
<p>Rien de bien sérieux malgré tout. Surtout que derrière ça, Wold est secoué par une méchante crise cardiaque. Remis sur pied, mais les idées un peu noires, il rejoue ici et là, sans retrouver la flamme. Jusqu’au jour où des promoteurs irlandais lui proposent de venir chanter à Belfast. Lui hésite, eux insistent, et sa femme, qui le voit tourner en rond, le pousse finalement à se lancer dans l’aventure.</p>
<p>En Irlande, seul sur scène, Seasick Steve fait un tabac. De retour en Norvège, Elisabeth lui suggère de s’enregistrer. C’est ce qu’il fait, pour qu’elle ait un souvenir, au cas où&#8230; Et il s’installe dans leur cuisine, devant un vieux micro des années 30 branché directement sur un magnéto quatre pistes. Cela donne treize titres sur des guitares bricolées, avec des cuillères entrechoquées et, de temps en temps, son fils à la batterie qui joue dans la pièce d’à côté.</p>
<p>Bronzerat Records va en faire le premier album solo de Seasick Steve, « Dog House Music », qui parait en novembre 2006. Dans la foulée, Joe Cushley, le DJ de l’émission Ballin’ The Jack Blues Show sur la web radio londonienne Resonance FM, passe les titres de ce type dont il se rappelle avoir fait la connaissance par hasard. Quelques jours plus tard, la BBC téléphone à Steve pour l’inviter à venir interpréter son « Dog House Boogie » en direct dans le show du jour de l’an de Jool Holland, le New Year&rsquo;s Eve Hootenanny. Et là, tout va changer.</p>
<p>Son passage fait un malheur, dans le studio comme à l’antenne. L’extrait vidéo met aussitôt le feu à Internet et, de bouche à oreille, les surfeurs découvrent avec avidité les titres bien ficelés de ce drôle de bonhomme au regard malicieux, armé d’une guitare saturée de fuzz et qui tape du pied sur une espèce de boite à chaussure. Le culte est en marche et le site de Steve explose sous les connections.</p>
<p>L’album dépasse les 150 000 exemplaires. Seasick Steve devient le nouveau venu le plus âgé jamais révélé en terre britannique, toutes catégories confondues. 2007 confirme la percée anglaise et il est désigné révélation de l’année aux Mojo Awards. Il truste désormais les affiches des festivals rock (Reading, Leeds, Glastonbury,…). Sa popularité continue de faire le tour du net et, à partir de 2008, des scènes du monde entier commencent à réclamer le vagabond bluesman, sa bonhomie joviale et son groove irrésistible.</p>
<p>On le retrouve au Japon, en Australie, en Europe,… Du coup, la bougeotte le reprend. Avec sa femme et ses cinq fils, ils refont un aller retour avec l’Angleterre avant de s’installer à Norfolk, pour une rentrée au pays qui ne fixera pas complètement ces voyageurs qui comptabilisent cinquante neuf lieux de résidence à leur compteur.</p>
<p>En 2008, une major propose un contrat à Seasick Steve. Warner Music sort en octobre 2009 l’album « I Started Out With Nothin’ And I Still Got Most Of It Left ». La veine est la même, les moyens un peu plus consistants. Steve est soutenu par la batterie de Dan Magnusson, qui l’accompagne souvent sur scène. Quelques célébrités font même une apparition : la voix de Nick Cave et la guitare de KT Turnstall. Le tout reste très roots, avec quelques touches gospel qui viennent patiner la rugosité générale.</p>
<p>Même si sa musique ne s’étale pas au grand jour, ce deuxième album dépasse les 200 000 exemplaires et 2009 confirme le succès de Seasick Steve auprès d’un public jeune arrivé jusqu’à lui par le la vogue des minimalistes punk blues (White Stripes, Black Keys,&#8230;).</p>
<p>Du coup, le camping-car de Seasick Steve continue de se faufiler entre les luxueux bus de tournée des rocks stars, sur les grands festivals européens. De Hyde Park au Royal Albert Hall, l’homme à la casquette de golf poursuit son marathon des scènes anglaises. Il est devenu un des meilleurs remplisseurs de salles des îles britanniques. Au milieu de la prolifération des groupes suréquipés c’est souvent lui qui remporte le morceau, avec des boogies malins accrochés à des riffs aussi répétitifs que saturés, et des blues à l’ancienne, profonds et acoustiques, tirés à coup de slide bruissante, le tout sur des instruments customisés, plus pittoresques les uns que les autres.</p>
<p>Malgré ce succès, l’ancien hobo conserve ses habitudes de vieux loup solitaire et garde jalousement des manières marginales, devenues par ailleurs sa marque de fabrique. C’est ainsi que, nominé aux Brit Awards, Seasick va se détendre juste avant la cérémonie dans les couloirs du métro londonien où il joue deux morceaux et ramasse quelques livres avant de déclarer filer à la soirée pour boire un bon coup, sûr qu’il est de ne pas avoir de discours à faire.</p>
<p>L’ancien clochard, devenu la coqueluche des shows branchés, fait même l’objet d’un documentaire sur BBC 4, “Seasick Steve: Bringing It All Back Home”. Tout le monde est suspendu aux histoires qu’il raconte avec une gouaille sans pareil et qui fleurent bon des aventures d’un autre temps. C’est justement sous le titre de “Man From Another Time” que son troisième album sort en octobre 2009.</p>
<p>Au fil des shows, Seasick Steve a peaufiné une mythologie personnelle impeccable. A commencer par l’histoire de sa guitare, une Fender Coronado dont il a enlevé la moitié des cordes pour donner assez d’espace à son jeu sursaturé. Cette « Three String Trance Wonder » qui, à ce qu’il raconte, lui a coûté 75 $ alors qu’elle n’en valait que 25, mais à laquelle il doit son succès parce qu’elle est ensorcelée ! Un ancien propriétaire, peu familier avec les choses de l’au-delà, l’avait abandonnée pour cette raison – et sans rien en révéler – au magasin de bienfaisance où son revendeur l’avait récupérée. En réalité l’objet décorait le mur d’un de ses amis avant qu’il ne lui en fasse cadeau ! Même Tommy Johnson, l’inventeur originel du coup du diable donnant des leçons de blues à des carrefours obscurs, n’avait pas pensé à celle-là.</p>
<p>Le public, lui, est subjugué, harponné par le beat hypnotique, chamboulé par les blues mélancoliques chantés de cette voix traînante et enrouée, battue par le vent &#8211; un “mélange de gravier et de mélasse” &#8211; qui donne à ses histoires une résonance à vous retrousser la peau.</p>
<p>Désormais Seasick Steve s’est fait une place bien à lui dans le paysage musical. Quelque part entre une tradition blues qu’il ne revendique pas &#8211; mais pratique avec un savoir faire qu’on croyait oublié &#8211; et une mythologie routarde dont il possède toutes les clés.</p>
<p>Arrivé du diable vauvert, Seasick Steve remplit aujourd’hui les bacs blues des disquaires et fait chauffer les moteurs de recherche sur la toile. Il prend ce succès comme il vient, et pour ce qu’il est, imprévisible et éphémère. Le vieux routard sait de quoi la vie retourne et ne se laisse pas complètement embarquer. En attendant, l’ancien hobo peut maintenant se payer la première classe.</p>
<p>Il parait presque trop hobo pour être vrai. Et Pourtant. Ce sexagénaire en salopette, qui balance un boogie rouillé sur une guitare à trois cordes, ravit la jeunesse et met les experts en porte à faux, est bien un ancien trimardeur passé par la belle étoile. Pas étonnant donc qu’il raconte comme personne, sur ses riffs aguicheurs, de drôles d’histoires vagabondes, des embrouilles de la rue, des choses un peu étranges vues de l’extérieur. Il n’est même pas nécessaire de tout croire de ce personnage romanesque, conteur malicieux et showman magnétique, pour succomber au charme décalé de Seasick Steve.</p>
<p>Son père jouait du piano boogie-woogie et Pee Wee Crayton travaillait dans le garage que tenait son grand-père sur la côte californienne. Des repères qui vont marquer le jeune Steve (Wold de son vrai nom) qui renonce au piano paternel et apprend la guitare avec K.C Douglas &#8211; le fils spirituel de Tommy Johnson tout de même &#8211; alors qu’il n’a encore que huit ans. A treize, et ses parents divorcés, il s’enfuit du domicile de sa mère et surtout des pattes du type un peu trop violent qui vit avec elle. Un choix qui met l’adolescent sur la route. Pendant des années il sillonne le Mississippi et ses environs en sautant d’un train de marchandises à l’autre pour aller bosser, au noir, dans des fermes isolées, des chantiers temporaires où sur quelque fête foraine.</p>
<p>Au début des sixties, Steve commence à chanter dans les rues. De retour sur la West Coast, il débarque à Haight Ashbury dans un San Francisco envahi par les hippies. Il croise Janis Joplin et Joni Mitchell et se retrouve à fricoter parmi les musiciens, tâtant petit à petit du côté de la technique où il se fait la main lors de quelques sessions studio. A l’occasion, il croise aussi des géants du blues : Son House, Lightnin’ Hopkins et Freddy King.</p>
<p>En 1972, à trente berges et avec cent dix dollars de côté, il se paye un charter pour Paris qui lui en laisse dix en poche quand il débarque à Roissy. Une bonne âme le dépose à Saint-Germain. A partir du lendemain, et chaque matin, on le retrouve à chanter dans le métro, pour gagner sa pitance quotidienne. La nuit, il dort dans les jardins publics où quelque chambre de passe.</p>
<p>Puis Steve revient dans le Tennessee et abandonne le vagabondage comme mode de vie permanent. Trop dangereux. On est en 1973 et les vingt ans qui suivent ne changent pas radicalement son quotidien, fait de coups de main pour des prises de son et de piges comme musicien d’appoint. Dans les années 80, il traverse à nouveau l’océan et on le retrouve cette fois en Angleterre, à Londres puis dans le Lancashire, avec Elisabeth qu’il a épousée en 1982. A son retour, il commence à récupérer un peu de matériel d’enregistrement avec l’idée de monter un petit studio.</p>
<p>C’est ce qu’il va faire au début de la décennie suivante, alors que la famille s’est installée à Olympia, près de Seattle, à la recherche d’un peu de fraîcheur pour sa femme norvégienne. En pleine émergence du rock grunge, Steve Wold côtoie Kurt Cobain, qui vit à l’étage du dessus. Il travaille avec des groupes de rock alternatif comme Bikini Kill et Modest Mouse dont il produit en 1996 l’album « This Is A Long Drive Fo Someone With Nothing To Think About ». Chez lui, il continue de jouer sa propre musique, sans penser un instant qu’elle puisse intéresser quiconque.</p>
<p>A cette époque, il fréquente R.L Burnside. Ce dernier, encore inconnu en dehors d’Holly Springs, reçoit souvent la visite d’un jeune gars, Jon Spencer, figure de proue naissante d’un garage rock revival. Pour Burnside, Spencer est un gamin sympa mais qui ne sait pas jouer le blues. « Tais-toi », lui dit Steve, « il va te faire sortir de ce trou ». C’est ce qui arrivera. En attendant les deux anciens – Wold a déjà plus de cinquante ans et RL pas loin de soixante dix – grattent de temps en temps devant des jeunes fans de rock qui arrondissent les yeux devant leurs bottlenecks, déclarent détester le blues mais adorer ce qu’ils font.</p>
<p>En 2001, Steve rejoint la Norvège et installe la famille à Notodden, près des origines d’Elisabeth. Ils vont vivre là quelques années. C’est lors d’une virée entre les côtes norvégienne et danoise, sur un de ces ferries détaxés bondés de clients en quête d’alcool pas cher, que Steve est victime d’un « mal de mer » carabiné qui lui vaut au retour son drôle de surnom. Pas très emballé mais finalement obligé de faire avec, le voilà désormais devenu « Seasick Steve ».</p>
<p>A maintenant soixante ans, Steve veut, au moins une fois dans sa vie, figurer sur un disque. C’est ce qu’il fait en 2003, avec les Level Devils, une rythmique suédoise composée de Jo Husmo (contrebasse) et Kai Kristoffersen (batterie). L’album, intitulé « Cheap», paraît en 2004. Des blues sans apprêts qui semblent arrivés trop tard et sonner trop rugueux pour attirer l’attention, mais tapent dans l’oreille de quelques britanniques qui vont garder Steve à l’œil.</p>
<p>Rien de bien sérieux malgré tout. Surtout que derrière ça, Wold est secoué par une méchante crise cardiaque. Remis sur pied, mais les idées un peu noires, il rejoue ici et là, sans retrouver la flamme. Jusqu’au jour où des promoteurs irlandais lui proposent de venir chanter à Belfast. Lui hésite, eux insistent, et sa femme, qui le voit tourner en rond, le pousse finalement à se lancer dans l’aventure.</p>
<p>En Irlande, seul sur scène, Seasick Steve fait un tabac. De retour en Norvège, Elisabeth lui suggère de s’enregistrer. C’est ce qu’il fait, pour qu’elle ait un souvenir, au cas où&#8230; Et il s’installe dans leur cuisine, devant un vieux micro des années 30 branché directement sur un magnéto quatre pistes. Cela donne treize titres sur des guitares bricolées, avec des cuillères entrechoquées et, de temps en temps, son fils à la batterie qui joue dans la pièce d’à côté.</p>
<p>Bronzerat Records va en faire le premier album solo de Seasick Steve, « Dog House Music », qui parait en novembre 2006. Dans la foulée, Joe Cushley, le DJ de l’émission Ballin’ The Jack Blues Show sur la web radio londonienne Resonance FM, passe les titres de ce type dont il se rappelle avoir fait la connaissance par hasard. Quelques jours plus tard, la BBC téléphone à Steve pour l’inviter à venir interpréter son « Dog House Boogie » en direct dans le show du jour de l’an de Jool Holland, le New Year&rsquo;s Eve Hootenanny. Et là, tout va changer.</p>
<p>Son passage fait un malheur, dans le studio comme à l’antenne. L’extrait vidéo met aussitôt le feu à Internet et, de bouche à oreille, les surfeurs découvrent avec avidité les titres bien ficelés de ce drôle de bonhomme au regard malicieux, armé d’une guitare saturée de fuzz et qui tape du pied sur une espèce de boite à chaussure. Le culte est en marche et le site de Steve explose sous les connections.</p>
<p>L’album dépasse les 150 000 exemplaires. Seasick Steve devient le nouveau venu le plus âgé jamais révélé en terre britannique, toutes catégories confondues. 2007 confirme la percée anglaise et il est désigné révélation de l’année aux Mojo Awards. Il truste désormais les affiches des festivals rock (Reading, Leeds, Glastonbury,…). Sa popularité continue de faire le tour du net et, à partir de 2008, des scènes du monde entier commencent à réclamer le vagabond bluesman, sa bonhomie joviale et son groove irrésistible.</p>
<p>On le retrouve au Japon, en Australie, en Europe,… Du coup, la bougeotte le reprend. Avec sa femme et ses cinq fils, ils refont un aller retour avec l’Angleterre avant de s’installer à Norfolk, pour une rentrée au pays qui ne fixera pas complètement ces voyageurs qui comptabilisent cinquante neuf lieux de résidence à leur compteur.</p>
<p>En 2008, une major propose un contrat à Seasick Steve. Warner Music sort en octobre 2009 l’album « I Started Out With Nothin’ And I Still Got Most Of It Left ». La veine est la même, les moyens un peu plus consistants. Steve est soutenu par la batterie de Dan Magnusson, qui l’accompagne souvent sur scène. Quelques célébrités font même une apparition : la voix de Nick Cave et la guitare de KT Turnstall. Le tout reste très roots, avec quelques touches gospel qui viennent patiner la rugosité générale.</p>
<p>Même si sa musique ne s’étale pas au grand jour, ce deuxième album dépasse les 200 000 exemplaires et 2009 confirme le succès de Seasick Steve auprès d’un public jeune arrivé jusqu’à lui par le la vogue des minimalistes punk blues (White Stripes, Black Keys,&#8230;).</p>
<p>Du coup, le camping-car de Seasick Steve continue de se faufiler entre les luxueux bus de tournée des rocks stars, sur les grands festivals européens. De Hyde Park au Royal Albert Hall, l’homme à la casquette de golf poursuit son marathon des scènes anglaises. Il est devenu un des meilleurs remplisseurs de salles des îles britanniques. Au milieu de la prolifération des groupes suréquipés c’est souvent lui qui remporte le morceau, avec des boogies malins accrochés à des riffs aussi répétitifs que saturés, et des blues à l’ancienne, profonds et acoustiques, tirés à coup de slide bruissante, le tout sur des instruments customisés, plus pittoresques les uns que les autres.</p>
<p>Malgré ce succès, l’ancien hobo conserve ses habitudes de vieux loup solitaire et garde jalousement des manières marginales, devenues par ailleurs sa marque de fabrique. C’est ainsi que, nominé aux Brit Awards, Seasick va se détendre juste avant la cérémonie dans les couloirs du métro londonien où il joue deux morceaux et ramasse quelques livres avant de déclarer filer à la soirée pour boire un bon coup, sûr qu’il est de ne pas avoir de discours à faire.</p>
<p>L’ancien clochard, devenu la coqueluche des shows branchés, fait même l’objet d’un documentaire sur BBC 4, “Seasick Steve: Bringing It All Back Home”. Tout le monde est suspendu aux histoires qu’il raconte avec une gouaille sans pareil et qui fleurent bon des aventures d’un autre temps. C’est justement sous le titre de “Man From Another Time” que son troisième album sort en octobre 2009.</p>
<p>Au fil des shows, Seasick Steve a peaufiné une mythologie personnelle impeccable. A commencer par l’histoire de sa guitare, une Fender Coronado dont il a enlevé la moitié des cordes pour donner assez d’espace à son jeu sursaturé. Cette « Three String Trance Wonder » qui, à ce qu’il raconte, lui a coûté 75 $ alors qu’elle n’en valait que 25, mais à laquelle il doit son succès parce qu’elle est ensorcelée ! Un ancien propriétaire, peu familier avec les choses de l’au-delà, l’avait abandonnée pour cette raison – et sans rien en révéler – au magasin de bienfaisance où son revendeur l’avait récupérée. En réalité l’objet décorait le mur d’un de ses amis avant qu’il ne lui en fasse cadeau ! Même Tommy Johnson, l’inventeur originel du coup du diable donnant des leçons de blues à des carrefours obscurs, n’avait pas pensé à celle-là.</p>
<p>Le public, lui, est subjugué, harponné par le beat hypnotique, chamboulé par les blues mélancoliques chantés de cette voix traînante et enrouée, battue par le vent &#8211; un “mélange de gravier et de mélasse” &#8211; qui donne à ses histoires une résonance à vous retrousser la peau.</p>
<p>Désormais Seasick Steve s’est fait une place bien à lui dans le paysage musical. Quelque part entre une tradition blues qu’il ne revendique pas &#8211; mais pratique avec un savoir faire qu’on croyait oublié &#8211; et une mythologie routarde dont il possède toutes les clés.</p>
<p>Arrivé du diable vauvert, Seasick Steve remplit aujourd’hui les bacs blues des disquaires et fait chauffer les moteurs de recherche sur la toile. Il prend ce succès comme il vient, et pour ce qu’il est, imprévisible et éphémère. Le vieux routard sait de quoi la vie retourne et ne se laisse pas complètement embarquer. En attendant, l’ancien hobo peut maintenant se payer la première classe.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Liens complémentaires :<br />
<a title="" href="http://www.seasicksteve.com/" target="newFrame">www.seasicksteve.com</a><br />
<a title="" href="http://www.myspace.com/seasicksteve" target="newFrame">www.myspace.com</a><br />
<a title="" href="http://twitter.com/Seasick_Steve" target="newFrame">twitter.com</a><br />
<a title="" href="http://www.facebook.com/seasicksteve" target="newFrame">www.facebook.com</a><br />
<a title="" href="http://www.youtube.com/results?search_type=videos&amp;search_query=%22seasick+steve%22&amp;search_sort=video_view_count" target="newFrame">www.youtube.com</a></p>
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		<title>JB Lenoir</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 12:02:48 +0000</pubDate>
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<p>Peaux de zèbre et protest-songs ne font pas bon ménage. C’est la seule explication plausible à l’énigme J.B Lenoir. Le Martin Luther King du blues ignorait-il à ce point combien l’habit fait le moine ? Au cœur des années 50 imaginait-il naïvement contourner le politiquement correct avec des tenues excentriques, une voix d’ange et son boogie léger ?</p>
<p>Dans la catégorie des grands bluesmen méconnus, J.B Lenoir n’a pas de concurrent. Les deux autres nominés, Lonnie Johnson et Arthur Crudup (au passage une des ses influences majeures) ont au moins récolté un minimum de lumière, le premier par la considération unanime dont il a joui dans le métier dès sa première apparition, le second en ayant à jamais marqué l’histoire le jour où Elvis Presley improvisa sur son « That’s Allright, Mama » et déclencha la révolution rock’n’roll.</p>
<p>Comment un gars en or, complètement dans l’air du temps, compositeur inspiré, showman imaginatif, a t-il pu passer ainsi à côté ? A la rigueur, on veut bien comprendre qu’un Smokey Hoog disparaisse des tablettes, au moins parce qu’il ne faisait vraiment rien pour se faire repérer, mais J.B Lenoir c’était quand même autre chose !<br />
Sa voix haut perchée sur un fond de down-home blues, son phrasé swing, sa conscience politique, ses textes ouvertement contestataires et ses tenues de scène extravagantes en ont fait le bluesman le moins conventionnel qui ait jamais débarqué à Chicago.</p>
<p>Mais ni son smoking queue de pie à rayure savane, ni ses boogies fringants, pas plus que certains textes courageux ne vont vraiment retenir l’attention. Sauf celle de la CIA, sur les bureaux de laquelle son « Eisenhower Blues » atterrit d’urgence dès sa sortie en 1954 avant d’être renvoyé à l’atelier pour une révision forcée. Il faut dire que jusqu’alors, à part les « Strange Fruits » de Billie Holiday et le répertoire de Woody Guthrie, il était difficile de trouver en Amérique des traces significatives de chansons contestataires.</p>
<p>Révolutionnaire et précurseur, Lenoir l’est aussi dans la formule orchestrale innovante qu’il met en place (deux saxophones, un piano, une guitare, batterie et basse) sur la voie du rhythm &amp; blues. Tout comme à travers la liberté inhabituelle dans le blues accordée au batteur de sortir du temps (Al Galvin) ou de broder le motif (Fred Below).</p>
<p>Son jeu de guitare, très rythmique, emprunte à Arthur Crudup l’approche en accord tandis qu’en acoustique il tient de Lightnin’ Hopkins son goût africain de percuter la table de son instrument. Sur sa Gretsch Synchromatic A/top, c’est au pouce et sans fioriture qu’il décline son boogie en power chords, un phrasé qui constitue une véritable préface de la guitare rythmique moderne.<br />
Toutes ces innovations sont appliquées à des mélodies aussi imparables par leur simplicité (« I Feel So Good ») que par leur musicalité (« Mama, Talk To Your Daughter »). En plein bouillonnement rock’n’roll et tandis que le rhythm &amp; blues se muscle à vue d’œil, ses compositions bon enfants ne trouvent pourtant plus grand écho.</p>
<p>Au milieu des années 60, un courant revival porte pêle-mêle le folk acétique et le blues rural sur les scènes européennes. Après les années surf et paillette, c’est désormais authenticité et engagement civique exigés. C’est le moment ou jamais pour Lenoir de retourner ses vestes jungle. Comme son mentor, Big Bill Broonzy, dix ans plus tôt, J.B troque donc sa guitare électrique pour un modèle campagnard et débarque sur le vieux continent avec son « African Hunch », étiquette qu’il donne pour la circonstance à un country blues percussif et chargé d’émotion, concocté avec la complicité de Willie Dixon et soutenu par l’exceptionnelle sensibilité du batteur Fred Below. Retour à des textes engagés qui, livrés sur un accompagnement acoustique plein de sensibilité (« Alabama March », &laquo;&nbsp;Vietnam Blues,&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Shot on James Meredith&nbsp;&raquo;<img src="http://bluesattic.montreuil-tv.net/article/jb-lenoir/1/22/images/smilies/clin.png" alt="smiley" /> séduisent le public de l’American Folk Blues Festival.</p>
<p>Deux chefs d‘œuvre d’une beauté intemporelle témoignent de cette métamorphose artistique : « Alabama Blues » en 1965 puis « Down In Mississippi » en 1967. Mais l’année suivante, un banal accident de voiture met prématurément fin à cette embellie artistique.</p>
<p>Si J.B Lenoir n’a pas souvent encombré les tablettes du Billboard, il a par contre marqué le blues contemporain et en particulier le british blues. A commencer par son grand maître, John Mayall, qui revendiquait ouvertement son influence, a repris plusieurs de ses titres et écrit deux superbes hommages suite à sa disparition prématurée (« The Death of J.B Lenoir » et « I’m Gonna Fight For You, J.B »).</p>
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