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	<title>Blues Attic &#187; swing</title>
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		<title>Duke Robillard</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 17:48:35 +0000</pubDate>
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<p>Les bluesmen, c’est bien connu, aiment se tenir à des carrefours. A la croisée des musiques américaines, rayon guitare, on en trouve un, au look d’épicier en gros, qui balance depuis quarante ans un <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/Swing.aspx" target="newFrame">swing</a> jubilatoire, tricoté avec des doigts de fée. Duke Robillard est un orfèvre, un ciseleur, un styliste. Des bas fonds <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/Bluesdefinition.aspx" target="newFrame">blues</a> aux aquarelles <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/Jazz.aspx" target="newFrame">jazz</a>, sa musique est une visite guidée sur la bande son yankee.</p>
<p>Michael John Robillard est né à Woonsocket (Rhode Island) le 4 octobre 1948. Preuve précoce d’un goût parfait du décalé, ce sont les tempo lents, les “Wee Wee Hours” et “Deep Feeling”, en faces B des singles de Chuck Berry de la collection de son frère qui marquent ses premières émotions musicales. Il écoute aussi la country de <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/country.aspx" target="newFrame">Hank Williams</a>. Mais il découvre sa voie, entre jazz et blues, avec <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/tbonewalker.aspx" target="newFrame">T-Bone Walker</a>.</p>
<p>Très tôt, il comprend que toutes ces musiques &#8211; jazz, jump, <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/RhythmandBlues.aspx" target="newFrame">rhythm &amp; blues</a>, swing, <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/rockabilly.aspx" target="newFrame">rockabilly</a>, <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/hillbilly.aspx" target="newFrame">bluegrass</a>, <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/country.aspx" target="newFrame">country</a>, <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/rock.aspx" target="newFrame">rock’n’roll</a> – ne sont en fait que les formes diversifiées d’une même pâte originale, dont le blues est, quant à lui, l’état le plus proche.</p>
<p>D’autres influences s’ajoutent. Charlie Christian, Kenny Burrell, Herb Ellis côté jazz. Guitar Slim, <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/BBKing.aspx" target="newFrame">B.B</a> et <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/freddieking.aspx" target="newFrame">Freddy King </a>pour le blues. Mais aussi <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/clarencegatemouthbrown.aspx" target="newFrame">Gatemouth Brown</a>, Johnny Guitar Watson, <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/LowellFulson.aspx" target="newFrame">Lowell Fulson</a> entre les lignes.</p>
<p>A la sortie du collège, au milieu des années 60, il commence à monter ses premiers orchestres et travaille pour la société Guild Guitar. En 1967, il fonde, avec le pianiste Al Copley, le groupe Roomful Of Blues. Partant d’un <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/bluesrock.aspx" target="newFrame">blues rock</a> plutôt conventionnel, la formation évolue à partir de 1970 avec l’addition de deux saxophonistes et l’arrivée d’un batteur swing. Totalement à contre-courant, elle vire au quasi <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/Bigband.aspx" target="newFrame">big band</a> <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/jumpblues.aspx" target="newFrame">jump blues</a> et compte bientôt neuf musiciens à son bord.</p>
<p>Engagé au Knickerbocker Café de Westerly, le groupe se bâtit une réputation et accompagne des héros de Robillard, comme <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/bigjoeturner.aspx" target="newFrame">Big Joe Turner</a> et Eddie “Cleanhead” Vinson. En 1974, ils jouent avec Count Basie.</p>
<p>En 1976, Doc Pomus les aide à entrer chez <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/IslandRecords.aspx" target="newFrame">Island Records</a>. Leur premier disque, “Roomfull Of Blues”, sort l’année suivante, puis c’est “Let’s Have a A Party” en 1979. Après 12 ans de service, Robillard décide pourtant de tourner la page. Le groupe continuera, d’abord avec Ronnie Earl, pour devenir, au fil des ans, une véritable institution américaine.</p>
<p>Duke, lui, rejoint brièvement le chanteur de <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/rockabilly.aspx" target="newFrame">rockabilly</a> Robert Gordon, puis participe à deux albums avec d’anciens accompagnateurs de <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/MuddyWaters.aspx" target="newFrame">Muddy Waters</a> regroupés sous la bannière Legendary Blues Band. Après quoi il monte le Duke Robillard Band, bientôt rebaptisé The Pleasure Kings, avant d’intégrer les Fabulous Thunderbird en 1990, au départ de Jimmy Vaughan, puis de progressivement prendre sa totale indépendance.</p>
<p>Sa carrière discographique personnelle débute en 1988, avec l’élégant et jazzy “Swing”, auquel participent Scott Hamilton et Chris Flory. La même année sort “You Got Me” à l’énergie plus tranchante, soutenu cette fois par Dr John et Jimmy Vaughan.</p>
<p>En 1989, “Duke Robillard &amp; The Pleasure Kings”, album sous forte influence T-Bone Walker, le présente dans une formule en trio inhabituelle. L’année suivante, on le retrouve version jazz lounge sur “After Hours Swing Sessions”, puis plus aguicheur dans “Turn It Around”.</p>
<p>Sa rencontre avec Holder Petersen, le patron du label canadien Stony Plain lui permet d’enregistrer en septembre 1993 ce dont il rêve depuis longtemps : un vrai disque de blues. Sorti en 1996, le succès de “Duke’s Blues” inaugure une lignée de collaborations fructueuses.</p>
<p>Très actif en studio, Duke Robillard se révèle également prolifique sur la route. Il enchaîne les concerts et sillonne l’Amérique du Nord, reconstituant sur scène l’énergie débridée de la musique d’après-guerre. En novembre 1995, celui qu’il donne au club Richard’s On Richard de Vancouver pour la télévision canadienne, fait l’objet d’un album (édité en 1998 sous le titre “Stretchin’ Out”) qui témoigne de la vigueur contagieuse de la Gibson de Duke.</p>
<p>Désormais Robillard règne sur un vrai territoire, dont témoigne une discographie qui alterne revisites du nuancier post blues (“Dangerous Place” en 1997, “Explorer” en 2000) et éclairages particuliers (“New Blues For Modern Man” et “Conversation In Swing Guitar”en 1999, “More conversation In Swing Guitar” en 2003). Au total, un répertoire foisonnant, mêlant avec bonheur reprises obscures, tributs à des classiques et créations personnelles. Le tout dans une variété de climats passant par les côtes du Pacifique, les swamps louisianais et les faubourgs venteux de Chicago.</p>
<p>Guitariste de haute volée, doté d’un swing irrésistible et servi par une élasticité hors norme, Duke Robillard recueille les fruits de son engagement musical en recevant, entre 2000 et 2004, pas moins de quatre des cinq Awards de meilleur guitariste blues remis pendant cette période. Une reconnaissance, désormais internationale, qui ne l’empêche pas de rester les pieds sur la scène où il poursuit son parcours de performer inlassable, alignant les concerts à la façon d’un BB King qui l’a, d’ailleurs, depuis longtemps adoubé.</p>
<p>Duke Robillard se concentre un temps sur un blues plus strict avec “Living With The Blues” (2002) puis “Exalted Lover” (2003) et “Blue Mood : The Songs Of T-Bone Walker“ (2004). Puisant du côté de <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/williedixon.aspx" target="newFrame">Dixon</a>-<a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/MuddyWaters.aspx" target="newFrame">Waters</a>, <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/tampared.aspx" target="newFrame">Tampa Red</a>, <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/albertking.aspx" target="newFrame">Albert</a> et <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/BBKing.aspx" target="newFrame">BB King</a>, Brownie McGhee, mais aussi <a title="" href="http://abcbluesandsoul.com/bodiddley.aspx" target="newFrame">Bo Diddley</a> ou Louis Jordan, il infuse en continu dans ses titres une collection de solos dévastateurs et joyeux qui rappellent les meilleures heures du Roomful Of Blues.</p>
<p>Mais il veille aussi à maintenir les autres flammes, et celle du jazz particulièrement. A l’image de “New Guitar Summit”, sorti la même année et habité par le souvenir de grands anciens : Charlie Christian, Barney Kessel, Kenny Burrell, Eddie Durham.</p>
<p>Les classificateurs souffrent encore en 2006 avec la sortie de “Guitar Groove-A-Rama”, tour d’horizon éclectique délivré avec un enthousiasme réjouissant. Et rien ne semble devoir rassasier Duke Robillard qui continue sa moisson d’albums avec “World Full Of Blues” (2007), “A Swingin’ Session With” (2008), et accélère encore en 2009 avec les sorties de “Stomp The Blues Night” et “Steppin’ Out Live”.</p>
<p>Comme si cette foisonnante activité discographique et les tournées incessantes ne lui suffisaient pas, on trouve aussi Duke Robillard aux côtés d’autres musiciens, penché sur les consoles ou guitare en main. Et là encore, il parcourt tout le front, du folk électrique de Bob Dylan au bop twangué de son ami Herb Ellis, quand ce n’est pas sur quelques pièces baroques de Tom Waits.</p>
<p>Infatigable, Duke Robillard continue ainsi de trimballer ses grosses caisses chromées sur les circuits, piochant dans sa collection d’instruments vintage et puisant dans le patrimoine musical américain des petits bijoux qu’il exhume avec une inépuisable délectation, pourvoyeur de plaisirs sans cesse renouvelés.</p>
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		<title>Copeland Special</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 12:19:21 +0000</pubDate>
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Johnny Copeland<br />
huile-toile, 61x50</div>
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<p>Après avoir passé vingt ans sur les circuits, tâté du jab sur les rings texans et laissé derrière lui quelques singles cantonnés dans les bacs des radios locales, Johnny Copeland s’est pointé dans la cour des grands au tournant des années 80. Le problème c’est qu’à l’époque le disco avait sacrément amolli le terrain. Pas vraiment une aubaine pour un puncheur. Il allait falloir attendre et le « Texas Twister » n’avait pas tant de temps que ça devant lui. Son père lui avait légué sa guitare mais aussi une vilaine anomalie cardiaque. Lui qui avait un cœur gros comme çà !</p>
<p>Copeland, c’est Stevie Ray Vaughan qui aurait choisi la face soul. Faisant foin des tentations rock, ce texan d’adoption campe résolument entre le funk du rhythm &amp; blues néo orléanais et le swing du jump blues de Kansas City. La dynamique qu’il insuffle à son jeu marie ces deux puissants foyers. Une attaque de cordes qui dévore le tempo, un vibrato déclenché niveau poignet – l’école B.B. King, doigt vrillé à la frette &#8211; et, côté voix, une ampleur proche de la ferveur gospel.</p>
<p>Dans la lignée des maîtres du Texas blues, Copeland fait partie de cette génération de l’après guerre qui, avec les Johnny « Guitar » Watson et Albert Collins, applique à la tradition régionale – lignes de guitare extraverties, usage intensif de l’appel-réponse, alternance d’ambiances délurées et de ruminations introspectives – les dernières conquêtes rythmiques du jazz et du rock’n’roll, le tout volontiers baigné dans des arrangements hérités des quartiers chauds de Memphis, voire dans les vapeurs voodoo de la Nouvelle Orléans.</p>
<p>A l’instar d’un Collins et de son art du chaud froid, Johnny Copeland s’est construit une vraie identité. Il délivre des lignes mélodiques fouillées, travaillées à la manière d’un trompettiste &#8211; elles fourmillent de tonalités subtiles – qui tracent de longues sinuosités le long desquelles les notes semblent d’abord glisser comme un ballet feutré de belles limousines sur une route ombragée avant que les chevaux ne s’emballent, enchaînant bientôt embardées, tête à queue et diverses autres sortes de tours spectaculaires.</p>
<p>Copeland n’a jamais fait les choses à moitié. L’homme se donne à fond, compose, joue et chante avec un égal talent, aussi bien sur des titres lents, des ambiances réfléchies et concernées (« A Greater Man », « Around The World », « Nature Song ») qu’à l’occasion de tranches de haute énergie livrées avec une élégance impeccable jusque dans leurs recoins les plus débridés.</p>
<p>Longtemps cantonné aux circuits secondaires du Sud, c’est en s’expatriant à New York que Johnny Copeland va imposer sa griffe. Les dieux du blues lui sourient enfin. Son « Copeland Special » (Rounder, 1981) fait grand bruit et il se retrouve dans le bon wagon lorsqu’en compagnie d’Albert Collins et de Robert Cray, il intègre un trio phare du dernier retour de flamme du blues (« Showdown », Alligator – 1986). A partir de là, Johnny Copeland enchaîne les scènes de gala et répand largement sa part incandescente de la « fierté d’âme » texane.</p>
<p>Son passage par l’Afrique achève de forger une personnalité ouverte sur le monde et dotée d’une volonté farouche de rejoindre les fils d’un blues étiré entre ascendances nébuleuses et progéniture agitée. D’où un répertoire audacieux, des tentatives parfois aventureuses de marier tradition et modernité. Et un éclectisme qui le fait jouer avec Randy Weston tout aussi bien qu’aux côtés de Buckwheat Zydeco.</p>
<p>Mais un cœur défaillant laissera peu de temps à Johnny Copeland. Quelques années qu’il ne va pas brader, jouant jusqu’à la rupture, affolant la médecine, bien décidé qu’il est à plonger jusqu’au bout les étreintes soul et l’ardeur boogie’n’roll de son blues dans les ambiances enfiévrées qu’il affectionne, cajun, africaine, mexicaine ou créole. Il disparaît à 60 ans, musicalement en plein forme.</p>
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