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	<title>Blues Attic &#187; stratocaster</title>
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		<title>Voodoo Chile</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 12:03:26 +0000</pubDate>
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<a href="http://www.blues-attic.com/wp-content/gallery/peintures/voodoo-chile.jpg" title="Jimi Hendrix&lt;br /&gt;
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Jimi Hendrix<br />
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<p>En cet après-midi du printemps 1966, alors qu’il parcourt les trois kilomètres qui séparent la 53ème rue de l’angle de Minetta Street, James Marshall Hendrix, pantalon de pirate et chemise calypso brillant sous le soleil, ignore – et le monde un peu plus encore – que le compte à rebours d’une révolution sonique vient de s’enclencher.</p>
<p>Ce trajet sur les trottoirs de New York le mène du Cheetah Club &#8211; où sa carrière de tâcheron anonyme du rhythm &amp; blues est venue s’échouer après quatre années de galères sur le chitlin’ circuit &#8211; au Café Wha ?, bout de cave improbable où le souvenir d’un Bob Dylan débutant, et surtout le verre de limonade à soixante-dix cents, attirent chaque jour quelques pâles adolescents boutonneux.</p>
<p>Pour beaucoup, en quittant Harlem pour Greenwich Village, Hendrix, descendant mêlé d’esclaves africains, d’une princesse cherokee et d’un peu de planteur blanc, quitte aussi le blues que le sang lui a confié. Et lorsque, quelques semaines plus tard, ce brother s’envole pour l’excentrique Albion, c’est à sa propre couleur qu’il semble alors renoncer.</p>
<p>Totalement inconnu dans son pays, incompris depuis ses débuts, Jimi Hendrix n’a besoin que d’une poignée de jours pour mettre la capitale des sixties à ses pieds. Au terme d’une série de soirées londoniennes, les plus grands, Clapton en tête, lui rendent un à un les armes. Dans la foulée l’Angleterre toute entière tombe.</p>
<p>En quatre années et trois albums (« Are You Experienced ? » 1967, « Axis, Bold As Love » 1968, « Electric Ladyland » 1969), l’enfant timide de Seattle bouleverse les lois de la cosmogonie musicale. Et son œuvre se révèle plus imposante encore lorsqu’on ajoute à ces huit faces inclassables, puissantes et immédiatement parfaites, l’ensemble des reprises oniriques d’hymnes pop-rock et ces versions violentées de blues traditionnels dont témoigne une collection exceptionnelle de jams en studio et de prises de concert. Un apport proprement historique.</p>
<p>Après les années 20, quand Lonnie Johnson faisait prononcer ses premières phrases à la guitare blues, puis les années 40, avec T-Bone Walker tirant de ses cordes des monologues qui rivalisaient avec son propre temps de parole, il revient à Jimi Hendrix, au beau milieu des années 60, d’investir totalement l’instrument. Démultiplié par une panoplie d’effets a priori indomptables, son jeu relègue, pour la première fois, la voix au second plan où elle semble, le plus souvent, fuir la meute des notes qu’il lance à ses trousses.</p>
<p>Pour cela, Jimi Hendrix n’a rien eu à apprendre. Ses propres rêves lui ont suffi. Un imaginaire puissant, développé dans l’isolement d’une enfance misérable et la frustration de ses années de galère. Ses doigts ont fait le reste. Des doigts d’une longueur arachnéenne, comme on en avait jamais revus depuis Robert Johnson, et qu’il étend sans effort sur le manche de sa Fender pour aller chercher des notes que tous pensaient inaccessibles.</p>
<p>Il y a un avant et un après Hendrix. Un après cette nuit de Monterey où, le blues dans une main et un briquet dans l’autre, il met le feu à tout le truc, embrasant d’un coup quarante années grosses du martèlement archaïque du Delta, des pitreries de Charley Patton, des sextuples croches de Charlie Parker, des coulées organiques d’Albert King et des envolées célestes de John Coltrane. Une fournaise libérant au passage l’âme damnée de Greenwood, au milieu des fumerolles acres du vernis fondu de sa Stratocaster. Un foutu feu. Quatre autres décennies plus tard, les cendres irradient encore et l’héritage attend, après que la trompette de Miles Davis, seul survivant sur son « Bitches Brew » de 1970, ait à son tour cessé d’émettre.</p>
<p>Mais tandis que les freaks se pâment, que ses pairs les plus aventureux l’encensent et que les charts s’affolent, d’autres contestent. Pour eux Hendrix ne serait qu’un bouffon bruyant. Les coups les plus durs viennent de rangs drapés dans leurs certitudes identitaires, et qui rejettent en bloc les ornements hippies, les gammes trafiquées, les sons éprouvette et les murs de Marshall. Hendrix ne serait qu’un habile faiseur en quête de célébrité facile.</p>
<p>Etrange hypocrisie quand tant de leurs héros, et mêmes des plus sacrés (Big Bill Broonzy, Muddy Waters, John Lee Hooker, JB Lenoir,..), avaient fait le même voyage anglais un peu plus tôt, débranchant discrètement leurs guitares et cachant leurs amplis à la sortie des aéroports, histoire de plaire à un public blanc réclamant alors ses doses de blues primitif.</p>
<p>Qu’auraient alors pensé les festivaliers du Newport 1963 si, plutôt que les paisibles pickings d’un John Hurt sorti de son champ, on leur avait présenté l’inquiétant Robert Johnson ou, pire encore, un Charley Patton chevauchant sa guitare telle une mule, ou la jouant dans son dos en roulant des yeux pétillants d’éclats lubriques ? Et que dire du bruit et de la fureur que ces icônes anciennes répandaient en leur temps, le samedi soir, dans l’atmosphère surchauffée des jukes de campagnes ?</p>
<p>Hendrix, pour obtenir les faveurs de sa génération, ne fait que reprendre le cours naturel des choses, poussant à nouveau le blues vers l’avant, jouant avec ses limites, et l’amenant finalement là où le public l’attend désormais.</p>
<p>Car ce blues, il effleure partout dans l’œuvre d’Hendrix. Quand il n’est pas clairement exposé (« Red House », « Hear My Train Comin’ », « Killin’ Floor », « Rock Me Baby »), il charpente des titres forts (« Stone Free », « Voodoo Chile », « Sweet Little Angel », « Manic Depression ») ou colore les moments d’intimité (« Belly Button Window »).</p>
<p>D’une certaine façon, Jimi Hendrix a été le dernier des grands bluesmen noirs. Et sans doute le premier d’une vraie lignée blanche. Après lui, les uns – à l’exception de Buddy Guy – s’en sont retournés vers la tradition, refermant la porte derrière le Chicago du début des années 60. Les seconds ont ramassé la guitare et essayé de continuer. Certes sans résultat probant à ce jour, seuls Stevie Ray Vaughan ou Roy Buchanan ayant esquissé des synthèses convaincante des anciens et du moderne.</p>
<p>Hendrix restera comme le premier musicien noir dont aucune copie n’a pu être tirée pour lui confisquer son succès. Aucune version blanche façon Paul Whiteman, « roi du jazz » des années 30, Benny Goodman, « roi du swing » dix ans plus tard ou encore Elvis Presley, « roi du rock » de la décennie 50. Cette fois Hendrix a posé un talon rageur sur les sixties, d’où il continue de nous toiser quarante ans plus tard, en roi incontesté de la guitare électrique.</p>
<p>Quant au blues, il ne s’est pas complètement remis du passage de son Voodoo child. Et Jimi Hendrix lui-même, après s’être consumé dans ses expériences, a erré un instant dans les décombres de la révolution qu’il venait de livrer au monde, avant de disparaître, à 27 ans, coincé dans une impasse et accessoirement recroquevillé dans une petite chambre d’hôtel londonienne, mortellement étouffé par ses rêves brisés.</p>
<p>« Il doit y avoir un moyen de s’en sortir » ( Bob Dylan, « All Along The Watch Tower »).</p>
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		<title>Rory Gallagher</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 11:53:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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<a href="http://www.blues-attic.com/wp-content/gallery/peintures/rorygallagher.JPG" title="Rory Gallagher&lt;br /&gt;
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	<img class="ngg-singlepic" src="http://www.blues-attic.com/wp-content/gallery/cache/144__370x_rorygallagher.JPG" alt="Rory Gallagher" title="Rory Gallagher" />
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Rory Gallagher<br />
huile-toile, 61x50</div>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>cliquez sur l&rsquo;image pour l&rsquo;agrandir !</em></span></p>
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<p>On prête à Jimi Hendrix, en réponse à un journaliste qui lui demandait ce qu’on ressentait lorsqu’on était le meilleur guitariste du monde, d’avoir répondu : « J’en sais rien, il faut demander ça à Rory Gallagher ! ».</p>
<p>Du blues plein les pognes. Et une âme qui en débordait. Au point de se demander si elle n’était pas passé par le Delta avant de s’incarner, un jour froid de 1948, dans un petit patelin perdu de l’Ulster. Un coin, justement, où quelques siècles plus tôt les anglais expérimentaient leurs premières ….plantations afin d’installer leurs colons sur les terres confisquées à leur voisin du nord !<br />
Avant Gallagher, on savait déjà qu’un blanc doué, baigné dès son plus jeune âge dans l’ambiance adéquate et bénéficiant de chanceuses rencontres initiatrices était capable de reproduire un blues confondant de vérité. Mais qu’un visage pâle, fut-il celte, totalement autodidacte, sans autres repères que des tablatures à cent sous et les émissions de radio des bases américaines, se révèle habité à ce point par la musique du diable, on n’avait jamais vu ça.<br />
Une vague génétique musicale, mais aucun catéchisme, aucune source directe. Rien pour expliquer Gallagher, si ce n’est cette âme, incandescente et bleue. Une âme qui aurait fait le Grand Voyage, remonté le cours du Mississippi, séparé le celte du zydeco, retrouvé aussi bien les rivages d’Afrique que les galions irlandais pointés vers l’Amérique.</p>
<p>Pendant près de 30 ans la guitare de Rory Gallagher va livrer un cocktail incomparable. Empruntant parfois à des langages musicaux totalement étrangers les uns aux autres. Des montages harmoniques iconoclastes, des collages improbables – folklores ancestraux, errances jazz, teintes folk, saturations rock- et des innovations délurées qui vaudraient largement l’excommunication. Et pourtant le blues sera toujours là, au centre, obsédant, essentiel. Parce qu’à travers Gallagher, ce n’est pas une réplique du blues que l’on entend, mais son écho qui nous atteint.</p>
<p>Enfant de la génération rock’n’roll, dégrossi par le skiffle et rôdé dans un orchestre de bal, Rory s’est construit, seul, à l’abri du monde, puis s’est fait un nom en pilotant Taste, le troisième des « power trio » célèbres des sixties &#8211; avec l’Experience d’Hendrix et le Cream de Clapton &#8211; tous créés l’espace du même été 1966 ! Le moins flamboyant, certes, mais le plus radicalement blues.</p>
<p>Le groupe implose en 1970, après trois albums d’une densité crue, au seuil d’une gloire promise. Gallagher conserve la formule et ce vrai timide assume dorénavant sous son nom un rock de plus en plus chargé de blues quand tant d’autres voyagent en sens inverse. Il vivra dès lors sa musique totalement, enregistrant et tournant sans relâche. Et la ligne sera toute droite, jusqu’au bout, sans concession.</p>
<p>L’art de Rory Gallagher s’exprime avec le même bonheur sous tous les angles de la guitare blues. Un jeu impétueux, débordant d’inventivité, dense et explosif. Mais jamais de dégoulinures. Que ce soit au milieu d’un essaim d’harmoniques, de larsen infernaux ou encore dans le ferraillage inventif d’une dobro portée au rouge, l’expression est toujours claire et la dynamique exceptionnelle. Bottleneck au doigt, il produit une variété d’effets glissés proprement sidérante. Avec la mandoline, le sax et l’harmonica, ainsi que cette voix passée au whisky, qui claque et gémit, c’est une formidable palette de sons qu’offre l’irlandais lors de ses débauches musicales.</p>
<p>C’est donc logiquement en concert que Rory Gallagher donne sa pleine mesure. S’il concocte d’excellents albums studio (« Deuce » en 1970, « Blueprint » et « Tattoo » en 1973, « Calling Card » en 1976, « Jinx » en 1982), ce sont ses « lives » qui le placent hors de portée de toute concurrence. « Live In Europe » (1972) et par-dessus tout l’exceptionnel « Irish Tour » (1974), représentent des sommets de fougue, de sincérité, d’intensité et de technique. Les vidéos de ces concerts sont des passages obligés pour tout amateur de blues. Il n’existe aucun témoignage de tourbillons d’improvisation d’une telle puissance émotionnelle.</p>
<p>30 millions de disques vendus et des milliers de concerts mais une vie solitaire, sans femme ni enfant. Et si peu d’amis. Puis ce corps, progressivement détruit par l’alcool et quelques autres additifs, qui le lâchera à 47 ans. Artisan farouchement indépendant, refusant les cages dorées &#8211; Stones, Canned Heat, Deep Purple l’ont sollicité en vain &#8211; l’homme aux rouflaquettes a vécu sans compromis, juste le temps de jeter dans la bataille son blues aveuglant.</p>
<p>Parce qu’il n’apparaît pas forcément en tête des inventaires grand public, tous ceux qui le découvrent en sont d’autant plus abasourdis. Le troubadour gaëlique reste pour beaucoup, aujourd’hui encore, un fabuleux trésor à découvrir. Pour les autres, ceux qui savent, le culte n’a pas faibli d’un pouce.</p>
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